Le chef-d'oeuvre de Tolstoï fut adapté au cinéma en 1956 par King Vidor, avec dans les rôles-titres Audrey Hepburn, Henry Fonda, et Mel Ferrer. Le résultat est magistral et constitue pour moi à ce jour la meilleure adaptation de La guerre et la paix, roman total qui associe toutes les passions humaines dans une unique et grande aventure dans laquelle l'amour, la haine, la douleur et la pitié se retrouvent inextricablement liés.

Audrey Hepburn est Natasha, déchirée entre son amour passionnel pour le Prince André (Mel Ferrer) et une affection plus raisonnée pour Pierre (Henry Fonda), qu'elle retrouvera après l'avoir perdu.
Le thème du parricide est le motif central des Frères Karamazov, le chef-d'oeuvre de Dostoïevski, avec une réflexion concomitante sur les valeurs morales de Bien et du Mal, et leur sens dans une société moderne dominée par l'utilitarisme et la recherche du profit personnel. Les bouleversements sentimentaux suivent les égarements de la raison morale des personnages dans un seul grand courant qui emporte tout sur son passage.
Ivan est des trois frères celui qui représente le mal, et il apprendra d'ailleurs à ses dépens que "tout n'est pas permis", même dans un monde où Dieu semble avoir abandonné les hommes. Alexis, le plus jeune des trois frères, est au contraire celui qui représente le bien et la foi dans la possibilité d'une humanité meilleure.
Les frères Karamazov fut adapté au cinéma par Richard Brooks en 1958, avec Maria Schell dans le rôle de Grouchenka, et Claire Bloom dans celui de Katharina Ivanovna, les deux amantes rivales de Dimitri Karamazov, magnifiquement interprété dans le film par ce grand interprète de personnages au destin tragique qu'était l'acteur Yul Brynner.
Dimitri, l'aîné des trois frères et le caractère central du roman, il est l'incarnation même du conflit que se livrent les passions contradictoires du coeur humain. Accusé à tort du meurtre de son père, il sera quand même condamné par la justice de ses semblables, mais réussira à s'évader avec le concours d'Alexis et d'Ivan, le véritable responsable du crime voulant réparer le tort qu'il a fait et laver ses péchés. Ce drame familial forme une parabole du destin de l'homme en général, livré qu'il est à ses passions, au conflit du coeur et de la raison, et à la tentation du mal. Il peint aussi une atmosphère générale, celle du siècle dernier finissant, où la foi en l'Homme s'est perdue au profit d'un matérialisme sauvage.


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